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BOLUS

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ai3Bio lève 48 M$ en série A pour éliminer dans le corps les cellules qui entretiennent les maladies auto-immunes

Détruire les lymphocytes B d'un malade a mis des lupus en rémission sans traitement, et AbbVie comme Bristol Myers Squibb ont payé plus d'un milliard de dollars chacun pour des candidats qui le feraient directement dans le corps. ai3Bio applique la même idée à une autre famille de cellules, les lymphocytes Th17, avec un ARN messager et un anticorps. La série A de 48 M$ est menée par UPMC Enterprises et Ziff Capital Partners.

This article is written in French. The record card, the daily log and the fund pages are available in English.

Company
ai3Bio
Country
United States
Sector
Biotech
Amount
48 M$
Stage
Series A
Round announced on
29 September 2026
Article published on
29 September 2026

ai3Bio, installée à Watertown, près de Boston, est sortie de l'ombre le 29 septembre 2026 avec une série A de 48 M$. Elle veut traiter les maladies auto-immunes en retirant du corps les cellules qui les entretiennent, au lieu de freiner l'ensemble du système immunitaire comme le font les traitements actuels, que les patients prennent souvent toute leur vie.

La cible est une famille de lymphocytes T, les Th17, qui fabriquent l'interleukine 17, l'une des molécules de l'inflammation. Les médicaments qui existent déjà sur cette voie, comme Cosentyx de Novartis, neutralisent la molécule une fois produite ; ai3Bio veut éliminer les cellules qui la produisent, comparaison que fait Fierce Biotech.

Deux plateformes, une seule cible

La société réunit, selon Fierce Biotech, la technologie auto-immune de Corner Therapeutics, société de Watertown cofondée par l'immunologiste de Harvard Jonathan Kagan et dont Ziff Capital Partners a mené la série A, et Novasenta, société de Pittsburgh financée par UPMC Enterprises. STARx livre dans les Th17 un ARN messager enveloppé de nanoparticules lipidiques ; selon Fierce Biotech, il vise la molécule CD161 à leur surface et déclenche leur mort par la voie cGAS-STING. T Deplete est un anticorps qui désigne ces mêmes cellules au système immunitaire du patient pour qu'il les élimine. Le communiqué adosse les deux à une plateforme de découverte par IA.

Les résultats sont précliniques. D'après le communiqué, les nanoparticules ont éliminé les Th17 dans des échantillons de sang de patients, et l'anticorps a montré son efficacité chez le singe. Le directeur général espère entrer en clinique en 2027 ou 2028, selon Fierce Biotech, et le communiqué ne nomme pas la première maladie visée.

La société est dirigée par Steven Altschuler, cofondateur de Spark Therapeutics. Son conseil scientifique réunit Vijay Kuchroo, l'un des pionniers de la recherche sur les Th17, Ruslan Medzhitov, Alexander Rudensky et Arlene Sharpe ; John Maraganore, directeur général fondateur d'Alnylam, conseille la société.

Pourquoi maintenant

L'idée de « remettre à zéro » l'immunité est passée en quelques années de l'hypothèse à la clinique. En février 2024, l'équipe d'Erlangen a publié dans le New England Journal of Medicine quinze patients atteints de lupus, de myosite ou de sclérodermie, traités par une seule perfusion de CAR-T qui détruisent les lymphocytes B, après une chimiothérapie préparatoire. Tous les patients atteints de lupus sont entrés en rémission, et les traitements immunosuppresseurs ont été arrêtés chez les quinze patients, avec un suivi médian de quinze mois.

Les industriels ont suivi, en cherchant à faire la même chose sans prélever les cellules du patient. AbbVie a annoncé en juin 2025 le rachat de Capstan Therapeutics pour jusqu'à 2,1 Md$, et Bristol Myers Squibb celui d'Orbital Therapeutics pour 1,5 Md$ en octobre 2025. Les deux sociétés programment dans le corps, avec de l'ARN et des nanoparticules, des cellules qui détruisent les lymphocytes B. ai3Bio prend la même route technique, mais vise une autre population, les lymphocytes T qui entretiennent l'inflammation.

La levée

La série A de 48 M$ est menée par UPMC Enterprises et Ziff Capital Partners, investisseurs fondateurs qui avaient financé chacun l'une des deux sociétés réunies, avec Cockrell Interests et Tanis Ventures. Elle finance les études qui précèdent la demande d'essai clinique, sur les deux plateformes. Selon Fierce Biotech, le directeur général a indiqué qu'une autre levée était déjà en cours.

Ce qui reste à prouver

Tout ce qui compte se jouera chez l'humain. Les rémissions obtenues dans le lupus reposaient sur les lymphocytes B, et rien ne dit encore que retirer les Th17 produira le même effet, ni dans quelles maladies. Il faudra aussi montrer qu'on peut éliminer ces cellules sans affaiblir les défenses de l'organisme. La société n'espère pas entrer en clinique avant 2027.

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