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Vinci Pharmaceuticals lève plus de 8 M$ pour soigner la rétine sans piqûre dans l'oeil
Les grandes maladies de la rétine se soignent aujourd'hui par des piqûres répétées dans l'oeil, et une partie des patients finit par décrocher. Vinci Pharmaceuticals, dans le New Jersey, développe un implant posé à la surface de l'oeil, et non dedans, qui diffuserait le médicament vers la rétine pendant longtemps. La société lève plus de 8 M$ en série A, une levée menée par Dynagrow Capital, pour préparer son premier essai chez l'humain en 2027.
This article is written in French. The record card, the daily log and the fund pages are available in English.
- Company
- Vinci Pharmaceuticals
- Country
- United States
- Sector
- Biotech
- Amount
- plus de 8 M$
- Stage
- Series A
- Round announced on
- 8 October 2026
- Article published on
- 8 October 2026
Vinci Pharmaceuticals, société d'ophtalmologie installée à Avon-by-the-Sea, dans le New Jersey, a annoncé le 8 octobre 2026 une levée de plus de 8 M$ en série A, menée par Dynagrow Capital avec la participation de MintPharma Capital. Elle avait déjà levé 8,5 M$ en seed, intérêts des obligations convertibles exclus, soit plus de 16,5 M$ au total selon le communiqué. Sarah Hassan, directrice générale de Dynagrow Capital, commente l'opération dans le communiqué.
Le problème : une piqûre dans l'oeil, encore et encore
Les principales maladies de la rétine, comme la forme humide de la dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA) ou l'oedème maculaire du diabétique, se traitent par des injections directement dans l'oeil. Pour la DMLA humide, maladie qui demande un traitement à vie, elles reviennent en moyenne tous les deux mois aux États-Unis, selon EyePoint. Ce rythme pèse sur des patients souvent âgés. Dans une étude publiée en 2018 dans JAMA Ophthalmology sur 9 007 patients traités pour une DMLA humide dans un grand cabinet américain, 22,2 % ne sont revenus à aucune consultation dans les douze mois qui ont suivi une injection.
L'industrie cherche donc à espacer les injections. En 2026, deux implants qui libèrent lentement un médicament à l'intérieur de l'oeil ont rendu leurs résultats de phase 3 dans la DMLA humide. Celui d'Ocular Therapeutix, Axpaxli, un hydrogel injecté dans l'oeil, a atteint son critère principal dans l'essai SOL-1, selon la société. Celui d'EyePoint, Duravyu, ne l'a pas atteint sur l'ensemble des patients de l'essai LUGANO, annoncé le 17 août 2026. Dans les deux cas, le produit reste injecté dans l'oeil.
Ce que fait Vinci
Vinci prend l'autre chemin. Son implant, EPIPLANT, se pose sur la paroi externe du globe, la sclère, et non à l'intérieur. Il se résorbe de lui même et doit diffuser un médicament vers la rétine pendant longtemps, sans aiguille dans l'oeil. La technologie a été mise au point dans le laboratoire de Karl Csaky et est licenciée par le Retina Foundation of the Southwest, à Dallas. Le système transporte pour l'instant des petites molécules, et la société le présente comme une plateforme capable d'accueillir plusieurs médicaments.
Le communiqué ne nomme ni la molécule de son premier produit, VCI-002, ni la maladie de son premier essai. Sur son site, la société met en avant l'oedème maculaire du diabétique et la forme intermédiaire de la DMLA, pour laquelle elle affirme qu'aucun traitement n'est approuvé.
L'argent servira à fabriquer VCI-002 aux normes pharmaceutiques, à le tester, et à préparer un essai de phase 1/2a prévu en 2027.
Ce qui reste à prouver
Tout est encore préclinique : la société dit avoir terminé des tests préliminaires et obtenu plusieurs brevets, mais le communiqué ne donne aucune donnée. Le pari tient en une question que seul l'essai de 2027 tranchera : un médicament posé à l'extérieur de l'oeil atteint-il la rétine en quantité suffisante pour soigner ? C'est précisément la difficulté que le communiqué attribue aux approches existantes, quand il écrit qu'elles peinent à obtenir des concentrations efficaces dans la rétine.