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Vera Health lève 28,5 M$ en série A pour aider les médecins à trouver en quelques secondes l'étude qui répond à leur question
Vera Health, fondée en 2024 par deux Français passés par Y Combinator, édite un moteur de recherche médical gratuit pour les soignants, qui classe chaque étude selon la solidité de sa preuve. Sa série A de 28,5 M$ est menée par Threshold Ventures. La société revendique plus de 800 000 utilisateurs, dont environ un médecin sur sept en France.
This article is written in French. The record card, the daily log and the fund pages are available in English.

Photo : Un cofondateur, page À propos du site de Vera Health, hors kit presse
- Company
- Vera Health
- Country
- United States
- Sector
- Health software
- Amount
- 28,5 M$
- Stage
- Series A
- Round announced on
- 27 October 2026
- Article published on
- 27 October 2026
Vera Health a annoncé le 27 octobre 2026 une série A de 28,5 M$, menée par Threshold Ventures, avec Mantis VC et SV Angel. Y Combinator et Gradient, déjà au capital, ont remis de l'argent. La société porte ainsi à 32 M$ le total levé depuis sa création, et c'est ce total que reprennent les titres de presse : la levée elle-même est de 28,5 M$. Le communiqué précise que la série A a été bouclée quelques mois avant son annonce.
Le problème : trop d'études pour un médecin seul
Un médecin doit décider vite, parfois en quelques secondes, alors que la littérature médicale grossit sans arrêt : selon le communiqué, un article scientifique paraît environ toutes les vingt secondes. Le même communiqué rappelle qu'une connaissance nouvelle met en moyenne dix-sept ans à entrer dans la pratique courante. Les assistants d'IA généralistes répondent vite, mais ils donnent le même ton assuré à un grand essai randomisé et à un cas isolé, ce que les deux fondateurs veulent corriger.
Ce que fait Vera Health
Vera Health est un moteur de recherche pour les soignants. Il cherche d'abord dans plus de 60 millions de publications, recommandations, conférences de consensus et notices de médicaments, puis il écrit la réponse. Chaque étude est classée selon sa méthode, son niveau de preuve, la taille de l'échantillon, sa date, la revue et le nombre de citations, et chaque affirmation de la réponse renvoie à sa source, avec une couleur qui dit la solidité de la preuve. Quand il n'existe qu'une série de cas, la couleur est rouge.
Le moteur tient compte du pays : un urgentiste en France ne suit pas toujours les mêmes recommandations qu'un urgentiste aux États-Unis. Les hôpitaux peuvent y ajouter leurs propres protocoles, par l'offre Vera Spaces. La société a un partenariat avec l'American College of Emergency Physicians, dont elle intègre les recommandations. L'outil est gratuit pour les soignants diplômés et les étudiants, et la société dit ne pas entraîner ses modèles sur leurs questions.
La société a été fondée en 2024, chez Y Combinator, par Taieb Bennani et Maxime Allouch, deux diplômés du MIT, fils de médecins, qui ont d'abord construit l'outil pour leurs pères. Elle a son siège à San Francisco et compte douze salariés, selon le communiqué.
L'usage, selon la société
Vera Health revendique plus de 800 000 soignants utilisateurs dans 190 pays, la plupart venus par la recommandation d'un collègue. Selon les données de la société, environ un médecin sur quatre l'utilise en Espagne et en Italie, et un sur sept en France. Elle dit aussi être, depuis juin, l'application clinique la plus téléchargée au monde sur l'App Store et Google Play, d'après les données d'Appark, et avoir été téléchargée en septembre plus souvent qu'OpenEvidence et Doximity réunis. Ces chiffres viennent tous de la société et n'ont pas été mesurés par un tiers.
À quoi servira l'argent
La levée doit renforcer l'infrastructure de preuves cliniques, ouvrir d'autres marchés de santé et approfondir les partenariats avec les sociétés savantes, les éditeurs et les systèmes de santé.
Le pari
Le marché est déjà prouvé par le concurrent américain. OpenEvidence, qui fait le même métier, a levé 250 M$ en janvier 2026 à une valorisation de 12 Md$, selon Axios. Threshold Ventures parie qu'il y a de la place pour un second acteur, construit dès le départ pour plusieurs pays, et que la transparence sur la solidité des preuves fera la différence auprès des médecins.
Ce qui reste à prouver
Vera Health ne publie ni chiffre d'affaires ni modèle de revenus, et l'outil reste gratuit pour les soignants. Il reste aussi à mesurer si ses réponses améliorent les décisions : son conseiller scientifique, le docteur Bernard Chang, de l'université Columbia, dit que cette évaluation est en cours dans des centres hospitalo-universitaires.
L'image de partage montre les deux cofondateurs, photo tirée du site de Vera Health.