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Coherence Neuro lève 45 M$ en série A pour suivre un cancer du cerveau en continu avec un implant
Coherence Neuro, née de deux chercheurs rencontrés à l'université de Cambridge, développe un implant cérébral de la taille d'un bouton qui enregistre l'activité électrique autour d'une tumeur. Sa levée de 45 M$ est menée par Founders Fund et l'OpenAI Startup Fund. Elle doit financer un premier essai de longue durée chez des patients atteints de glioblastome.
This article is written in French. The record card, the daily log and the fund pages are available in English.

Photo : Le dispositif SOMA porté, site de Coherence Neuro, hors kit presse, image de concept
- Company
- Coherence Neuro
- Country
- United States
- Sector
- Medtech
- Amount
- 45 M$
- Stage
- Series A
- Round announced on
- 28 October 2026
- Article published on
- 28 October 2026
Coherence Neuro a annoncé le 28 octobre 2026 une levée de 45 M$, menée ensemble par Founders Fund et l'OpenAI Startup Fund. Lux Capital, 8VC, Timeless, Olive Capital et Ahren entrent au capital, et Blackbird, Possible, Topology, Artesian, XEIA, Xtal et Divergent, déjà investisseurs, remettent de l'argent. Des investisseurs à titre personnel suivent, dont deux médecins de Neuralink, le neurochirurgien Matthew MacDougall et Rory Murphy. La société présente l'opération comme sa série A ; le magazine WIRED la décrit comme un seed.
Le problème : un cancer qu'on regarde par intermittence
Entre deux IRM ou deux prises de sang, un médecin ne sait pas vraiment si le traitement d'un cancer fonctionne : il attend la prochaine image, ou des symptômes. Coherence part de ce constat, qu'elle résume ainsi : la boucle entre le début d'un traitement et l'information sur son efficacité est trop lente. Le premier cancer visé est le glioblastome, la tumeur cérébrale la plus agressive de l'adulte.
Ce que fait Coherence Neuro
La société cherche ce qu'elle appelle des marqueurs électriques du cancer. Son hypothèse : une tumeur modifie l'activité électrique des tissus qui l'entourent et du système nerveux, et cette modification peut se suivre dans le temps. Chez la souris, l'équipe a implanté de petits capteurs près de tumeurs cérébrales en croissance, puis entraîné un modèle à prédire l'évolution de la tumeur à partir de ces enregistrements ; selon la société, la prédiction s'améliore avec le nombre de jours de données, y compris chez des souris traitées par témozolomide, la chimiothérapie de référence.
Le produit s'appelle SOMA. C'est un implant sans fil de la taille d'un bouton de chemise, posé pendant une neurochirurgie déjà prévue, relié à un petit boîtier qui se porte sur l'oreille et à une application. À terme, le même implant doit aussi stimuler les tissus pour freiner la tumeur, et adapter cette stimulation aux données qu'il enregistre.
Pourquoi maintenant
L'électricité soigne déjà le glioblastome. La FDA a autorisé en 2011 le dispositif Optune, de Novocure, qui envoie des champs électriques à travers un casque d'électrodes, puis a étendu en octobre 2015 cette autorisation aux glioblastomes nouvellement diagnostiqués, en complément de la chimiothérapie. Coherence relève que ces traitements sont fixes et n'enregistrent rien : son pari est un dispositif qui mesure et traite à la fois, et qui apprend de chaque patient.
Ce qui reste à prouver
Les résultats publiés restent ceux de la souris. Selon WIRED, une version temporaire de l'implant a été posée chez trois patients, le temps d'une opération d'ablation de tumeur, au Royal Melbourne Hospital ; la société a aussi annoncé un premier essai chez l'humain dans le même hôpital. Aucun essai n'a encore montré qu'un signal électrique prédit l'évolution d'une tumeur chez l'humain, ni que la stimulation la freine. La société écrit elle-même que la complexité de la biologie lui réserve probablement des difficultés imprévisibles.
À quoi servira l'argent
La levée doit financer le premier essai chronique chez l'humain dans le glioblastome, c'est à dire un implant laissé en place, la demande de désignation « Breakthrough Device » auprès de la FDA, et l'extension des travaux précliniques au cancer du pancréas. La société recrute dans ses bureaux de San Francisco et de Cambridge, au Royaume-Uni.
L'équipe
Coherence a été fondée en 2022 par Ben Woodington et Elise Jenkins, qui se sont rencontrés en 2018 à l'université de Cambridge, où ils faisaient de la recherche en neuro-ingénierie et en neuro-oncologie. Ben Woodington a fait sa thèse dans le laboratoire de George Malliaras, spécialiste de la bioélectronique.