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Atlas Bio lève 10 M$ en seed pour simuler chez des patients virtuels l'effet d'un médicament, avant la phase 2
Atlas Bio, société suisse, entraîne une IA sur environ deux millions de mesures d'ARN de tissus humains pour simuler l'effet d'un médicament chez des patients virtuels, avant la phase 2 et à la place d'une partie des essais sur l'animal. Sa seed de 10 M$ est menée par Creandum.
This article is written in French. The record card, the daily log and the fund pages are available in English.

Photo : Pipetage en laboratoire de biologie, Wikimedia Commons, CC BY 4.0
- Company
- Atlas Bio
- Country
- Switzerland
- Sector
- Biotech
- Amount
- 10 M$
- Stage
- Seed
- Round announced on
- 27 October 2026
- Article published on
- 27 October 2026
Atlas Bio, société suisse, est sortie de la discrétion le 27 octobre 2026 avec une seed de 10 M$ menée par Creandum, dont l'associée Katharina Wilhelm entre au conseil d'administration. La société annonce en même temps une pre-seed de 2,5 M$, jusque-là tenue secrète, menée par First Momentum Ventures et LEA Partners. Le total levé atteint ainsi 12,5 M$, le chiffre que reprennent les titres ; la levée du jour est de 10 M$.
Le problème : la phase 2, là où la plupart des médicaments échouent
Selon l'annonce, un essai de phase 2 coûte plus de 100 M$, dure deux à trois ans, et environ 70 % des médicaments y échouent. La société ajoute qu'une molécule qui échoue dans une maladie peut marcher dans une autre, mais qu'un essai classique, construit autour d'une seule maladie, ne le voit pas. Avant ces essais chez l'humain, les médicaments passent par des études chez l'animal, qui prédisent mal la biologie humaine.
Ce que fait Atlas Bio
La société entraîne un modèle d'IA de fondation sur environ deux millions de mesures d'ARN de tissus humains, les signaux qui montrent quels gènes s'allument et s'éteignent dans le corps. Le modèle simule ensuite, patient par patient, l'effet d'un médicament dans une cohorte virtuelle, et cherche dans toutes les maladies à la fois quels patients en tirent un bénéfice. Une simulation dure douze semaines, selon la société, et elle permet de tester plusieurs traitements sur le même profil de patient, ce qu'un essai réel ne peut pas faire.
Atlas Bio dit travailler déjà avec l'un des dix premiers laboratoires mondiaux et discuter avec plusieurs autres. Un client, une biotech de Bâle, aurait supprimé les essais sur l'animal d'une étape de son développement et serait passé directement aux essais chez l'humain sur la base de ses simulations. La société a été fondée en 2024 par Simon Romanski, directeur général, et Sebastian Bayer, directeur technique, qui a dirigé des recherches sur les grands modèles de langage chez Google.
À quoi servira l'argent
La levée doit renforcer les équipes scientifiques et commerciales, approfondir la validation de la plateforme et signer de nouveaux clients industriels en 2026.
Le pari
Les régulateurs ouvrent la porte. Aux États-Unis, le FDA Modernization Act 2.0, voté en 2022, a supprimé l'obligation légale d'essais sur l'animal avant les essais chez l'humain. Le 10 avril 2025, la FDA a annoncé un plan pour réduire puis remplacer ces essais, en commençant par les anticorps monoclonaux, et elle cite parmi les méthodes de remplacement les modèles de toxicité fondés sur l'IA. Creandum parie que, après l'IA qui dessine les molécules, la seconde vague touchera le développement clinique lui-même.
Ce qui reste à prouver
Aucune donnée publiée ne montre encore que ces simulations prédisent ce qui arrive ensuite chez de vrais patients, et le client bâlois n'est pas nommé. Le plan de la FDA porte d'abord sur la toxicologie avant l'humain : remplacer une partie d'un essai de phase 2 par une simulation est une autre étape, qu'aucun régulateur n'a encore acceptée.
L'image de partage montre une photo de laboratoire sous licence libre ; Atlas Bio ne met pas de photo à disposition de la presse.