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adsilico lève 10 M£ en série A pour tester les implants cardiaques sur des cœurs virtuels qui ressemblent à tous les patients
adsilico, issue de l'université de Leeds, construit par IA des cœurs et des vaisseaux virtuels à partir de scanners anonymisés, puis simule le comportement d'un implant dans chacun. Sa série A de 10 M£ est menée par PXN Ventures. Le problème qu'elle attaque : les valves et les stents sont mis sur le marché après des essais où les femmes restent minoritaires.
This article is written in French. The record card, the daily log and the fund pages are available in English.

Photo : Cœur virtuel féminin d'adsilico, communiqué du 26 octobre 2026
- Company
- adsilico
- Country
- United Kingdom
- Sector
- Medtech
- Amount
- 10 M£
- Stage
- Series A
- Round announced on
- 26 October 2026
- Article published on
- 26 October 2026
adsilico, société issue de l'université de Leeds, a annoncé le 26 octobre 2026 une série A de 10 M£. La levée est menée par PXN Ventures, et les deux investisseurs déjà au capital, Northern Gritstone et Parkwalk, y participent. Selon Tech Funding News, cette série A porte à 13,5 M£ les fonds propres levés par la société depuis sa création ; sa seed de 3,5 M£, en février 2024, venait de Northern Gritstone et de Parkwalk.
Le problème : des implants testés sur trop peu de patients différents
Les valves cardiaques, les stents et les autres implants arrivent en général sur le marché après des essais de quelques centaines de patients. Recruter un essai qui ressemble à tous ceux qui recevront l'implant est lent et coûteux, et certains groupes sont plus difficiles à atteindre. Le communiqué cite une étude de JAMA Internal Medicine sur 195 essais d'implants à haut risque : les femmes y représentaient 33 % des participants, et 29 % dans les essais cardiovasculaires.
Le fabricant et le médecin savent donc mal, avant une large diffusion, comment un implant se comporte chez une femme, chez un patient âgé ou chez quelqu'un dont l'anatomie est plus petite ou différente. Le communiqué cite aussi une étude publiée dans JAMA Network Open pour le ministère américain de la Santé : environ 13,7 % des dispositifs complexes qui entrent en essais non cliniques finissent par être autorisés.
Ce que fait adsilico
Sa technologie, Virtual Chimera, se sert d'une IA générative pour construire des cœurs et des vaisseaux virtuels réalistes à partir de scanners de patients anonymisés. Elle simule ensuite, sous supervision clinique et avec des modèles physiques, la façon dont un implant se comporte dans chacun. La population virtuelle varie par l'âge, le sexe, l'origine, la taille et la maladie : un fabricant peut ainsi regarder comment son dispositif se comporte, par exemple, chez des femmes de 55 à 75 ans d'origine sud-asiatique, avant qu'il soit posé chez un vrai patient.
Le fabricant s'en sert pour décider quelles tailles fabriquer, repérer les patients à plus haut risque avant de recruter un essai, ou mieux cibler les études suivantes. La société présente ces résultats comme une preuve de plus, à côté des études de laboratoire, chez l'animal et chez l'humain, et dit qu'ils pourraient réduire le recours à l'animal.
adsilico dit avoir déjà mené des projets avec des fabricants de valves cardiaques et de dispositifs neurovasculaires, et ses travaux cardiaques seront présentés au congrès TCT, consacré aux thérapies du cœur. La société est dirigée par Sheena Macpherson, cofondatrice, avec Nishant Ravikumar et Zeike Taylor, chercheurs de l'université de Leeds.
À quoi servira l'argent
La levée doit prolonger le travail sur les modèles de cœur et ouvrir les dispositifs du cerveau, comme les diverteurs de flux qui traitent les anévrismes cérébraux, où les essais comptent le moins de patients. L'équipe, installée à Nexus, le centre d'innovation de l'université de Leeds, doit passer de 14 à 34 personnes.
Le pari
Les investisseurs parient que les régulateurs vont accepter de plus en plus de preuves simulées, et que les fabricants paieront pour savoir tôt si leur implant convient à des patients qu'ils ne peuvent pas recruter. Les régulateurs bougent dans ce sens. Au Royaume-Uni, la revue indépendante sur l'équité des dispositifs médicaux, publiée le 11 mars 2024, a trouvé des signes que certains groupes reçoivent des soins moins bons à cause de biais dans la conception et l'usage des dispositifs. Aux États-Unis, la FDA a publié en novembre 2023 un guide sur la façon de juger un modèle numérique joint à un dossier de dispositif médical.
Ce qui reste à prouver
Le guide de la FDA couvre les modèles physiques et mécaniques, et il exclut les modèles d'apprentissage automatique seuls, comme le relève Tech Funding News. La partie simulation physique d'adsilico entre donc dans ce cadre, mais l'étape où l'IA générative fabrique les anatomies virtuelles n'y entre pas telle quelle. Il reste à montrer que ces cœurs virtuels prédisent ce qui arrive ensuite chez de vraies patientes, et qu'un régulateur accepte de s'appuyer sur eux.
La société ne publie ni chiffre d'affaires ni nombre de clients. Sur le même créneau, Virtonomy construit aussi des patients virtuels pour les fabricants de dispositifs, selon Tech Funding News.
L'image de partage montre un cœur virtuel féminin produit par adsilico, joint au communiqué.