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StimCardio lève 30 M$ en série A pour empêcher la fibrillation atriale de revenir avec un bracelet
StimCardio met au point Rhyvive, un bracelet qui stimule un nerf du poignet pour réduire le retour de la fibrillation atriale après une ablation. Sa série A de 30 M$ est menée par Metis MedTech, la structure de John Slump, qui a déjà vendu Farapulse. Elle finance l'essai pivot qui doit confirmer un premier essai encourageant mais fragile.

Photo : StimCardio Medical, photo jointe au communiqué du 29 octobre 2026, PR Newswire
- Société
- StimCardio
- Pays
- États-Unis
- Secteur
- Medtech
- Montant
- 30 M$
- Série
- A
- Opération annoncée le
- 29 octobre 2026
- Article publié le
- 29 octobre 2026
StimCardio Medical a annoncé le 29 octobre 2026 une levée de 30 M$ en série A, menée par Metis MedTech, la structure d'investissement de John Slump. Catalyst Health Ventures participe, aux côtés de plusieurs investisseurs industriels que le communiqué ne nomme pas et d'investisseurs nouveaux et existants qu'il ne nomme pas davantage. La société, installée à Austin, au Texas, décrit la levée comme sursouscrite.
Le problème : un cœur qui se remet à battre de travers
La fibrillation atriale est le trouble du rythme cardiaque le plus fréquent : environ 59 millions de personnes en vivent dans le monde, selon une analyse publiée en 2025 dans le Journal of the American College of Cardiology et citée par le communiqué. Quand les médicaments ne suffisent pas, on pratique une ablation : un cathéter monte jusqu'au cœur et neutralise les zones qui déclenchent les battements désordonnés. Les techniques ont beaucoup progressé, notamment l'ablation par champ pulsé, mais l'arythmie revient chez 30 à 40 % des patients après une première intervention, selon la revue que cite la société. Beaucoup repassent alors au bloc.
Ce que fait StimCardio
Son produit s'appelle Rhyvive. C'est un bracelet porté à la maison qui stimule par la peau le nerf médian, au poignet, pour agir sur le système nerveux autonome, celui qui règle le rythme du cœur sans qu'on y pense. L'appareil enregistre aussi des signaux physiologiques et ajuste la stimulation, ce que la société appelle une boucle fermée. Il ne remplace pas l'ablation : il vient après elle, pendant les mois où le risque de récidive est le plus fort. C'est un dispositif expérimental, qui n'est pas autorisé à la vente.
Ce que montre le premier essai
L'essai pilote NEUROPULSE a été publié en septembre 2026 dans Heart Rhythm, avec comme premier auteur Vivek Reddy, électrophysiologiste du Mount Sinai à New York. Trois centres, 77 patients tirés au sort après une ablation, et un groupe témoin qui portait un bracelet factice, sans que patients ni médecins sachent qui recevait quoi. La stimulation durait vingt minutes trois fois par semaine, pendant six mois. 59 patients ont été analysés.
Entre le deuxième et le sixième mois, le groupe stimulé a eu 12 épisodes d'arythmie, contre 243 dans le groupe témoin. Mais l'écart tient presque entièrement à un seul patient du groupe témoin : sans lui, on compte 12 épisodes contre 28, un écart qui reste significatif. Compté en patients, et non plus en épisodes, l'arythmie est revenue chez 2 patients stimulés sur 31 contre 5 sur 28, et cette différence n'est pas statistiquement significative. Aucun effet indésirable grave lié au dispositif n'a été relevé. Les auteurs concluent eux-mêmes que ce pilote doit être confirmé par un essai de taille suffisante.
Pourquoi maintenant
Le chef de file n'est pas un investisseur comme un autre. Selon le communiqué, John Slump a mené quatre sociétés de dispositifs médicaux jusqu'à leur vente, dont deux en électrophysiologie cardiaque, Farapulse et Atraverse Medical ; Metis chiffre ces sorties à plus de 1,25 Md$ de valeur cumulée. Farapulse est une technologie d'ablation par champ pulsé, celle qu'ont reçue la plupart des patients de NEUROPULSE. L'homme qui a fait grandir une façon de mieux brûler le cœur parie maintenant sur ce qui vient après, sans rien brûler de plus. Le pari a une logique simple : l'ablation progresse, le nombre de patients opérés augmente, et le taux de récidive reste le problème que personne n'a réglé.
Ce qui reste à prouver
L'essentiel. Le pilote est petit, son résultat principal en épisodes dépend d'un patient hors norme, et le résultat qui compte pour un patient, rester sans arythmie, n'a pas montré de différence significative. Il faut aussi que des patients portent un bracelet trois fois par semaine pendant des mois, ce que seul un grand essai mesurera vraiment.
À quoi servira l'argent
La levée doit financer NeuroPulse 2, un essai pivot multicentrique qui comparera l'ablation suivie du bracelet à l'ablation seule, et la préparation d'une demande De Novo auprès de la FDA, la voie réservée aux dispositifs d'un type nouveau.
L'équipe
Amir Soltanianzadeh dirige StimCardio. John Slump et Joshua Phillips, associé gérant de Catalyst Health Ventures, entrent au conseil d'administration. L'essai pilote a été mené avec le Mount Sinai de New York, le St. Bernards Medical Center de l'Arkansas et le centre médical Sourasky de Tel Aviv.