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Soufflé Therapeutics lève 135 M$ en série B pour envoyer des médicaments à ARN dans le muscle et le cœur
Les médicaments à ARN interférent autorisés jusqu'ici agissent dans le foie. Soufflé Therapeutics, à Boston, veut les faire entrer dans les cellules du muscle et du cœur, et son premier candidat entre en essai dans la dystrophie facio-scapulo-humérale (FSHD). Sa série B de 135 M$ est menée par Juvia Group.
- Société
- Soufflé Therapeutics
- Pays
- États-Unis
- Secteur
- Biotech
- Montant
- 135 M$
- Série
- B
- Opération annoncée le
- 13 octobre 2026
- Article publié le
- 14 octobre 2026
Soufflé Therapeutics, société de Boston dirigée par Amir Nashat, a annoncé le 13 octobre 2026 la clôture d'une série B de 135 M$, sursouscrite. Elle est menée par Juvia Group, dont le cofondateur Stefan Vitorovic porte l'investissement, avec quatre nouveaux investisseurs institutionnels, TCG Crossover Management, BB Biotech, Fidelity Management & Research Company et Balyasny Asset Management, ainsi qu'un fonds souverain que le communiqué ne nomme pas. Douze investisseurs déjà au capital reviennent : Amgen Ventures, ARCH Venture Partners, Bessemer Venture Partners, Breyer Capital, The Invus Group, Janus Henderson, Leaps by Bayer, Polaris Partners, Safar Partners, TAS Partners, Temasek et Vida Ventures.
Les photos de l'image de partage sont des micrographies de tissu musculaire sous licence libre (Wikimedia Commons), la société ne diffusant pas de photo de presse.
Le problème : un médicament qui reste dans le foie
Un ARN interférent est un médicament qui éteint un gène en détruisant son message avant qu'il ne devienne une protéine. Selon une revue publiée en 2024 dans Nature Biotechnology, le premier ARN interférent autorisé, en 2018, était livré au foie dans des nanoparticules lipidiques, et les suivants l'ont été au foie par une molécule, le GalNAc, qui se fixe sur un récepteur des cellules hépatiques. Atteindre le muscle, le cerveau ou d'autres organes reste, selon la même revue, un problème ouvert.
Ce que fait Soufflé
Sa plateforme, REMEDY, repère des récepteurs propres à un type de cellule qui font entrer ce qui s'y fixe, puis fabrique des molécules qui s'y accrochent, anticorps ou autres ligands, pour porter l'ARN dans ces cellules seulement. Trois programmes sont en tête : la dystrophie facio-scapulo-humérale (FSHD), qui vise le muscle squelettique ; l'insuffisance cardiaque à fraction d'éjection réduite, par le gène du phospholamban (PLN), dans les cellules du cœur ; et une cible non divulguée dans les troubles musculaires et métaboliques.
Pourquoi maintenant
Le premier candidat, SFL-0821, un oligonucléotide administré par perfusion, entre en clinique. L'essai NCT07798609, enregistré en septembre 2026, est une étude de phase 1/2 randomisée contre placebo, en doses croissantes, par perfusion, chez 90 adultes atteints de FSHD de type 1 ou 2, sur cinq sites en Australie, dont deux recrutent, et un en Nouvelle-Zélande, pas encore ouvert. Son critère principal porte sur la tolérance, et sa date d'achèvement estimée est mars 2028. Selon le communiqué, la FSHD n'a aucun traitement autorisé qui en modifie le cours.
Ce que dit la levée
La série B suit une série A annoncée en octobre 2025, que la société chiffrait à 200 M$. Soufflé a été cofondée par Robert Langer et Daniel Anderson, du MIT, avec Brad Pentelute et Victor Kotelianski, selon pharmaphorum. Bayer, déjà actionnaire par Leaps by Bayer, a pris en janvier 2026 une licence mondiale auprès de la société, dans le cadre d'une collaboration, sur un ARN interférent destiné au cœur, contre une forme rare de cardiomyopathie dilatée, distinct du programme d'insuffisance cardiaque financé par la levée. Juvia Group, le chef de file, se présente dans le communiqué comme une société d'investissement fondée en 2026.
La réserve
Soufflé n'a publié aucun résultat chez l'humain, et l'essai en cours mesure d'abord la tolérance. Dans la FSHD, elle arrive après deux concurrents qui ont déjà fait sortir un ARN interférent du foie. Novartis, qui a racheté Avidity Biosciences, teste en phase III del-brax, un ARN interférent contre DUX4 couplé à un anticorps qui vise le récepteur de la transferrine des cellules musculaires, et a annoncé le 11 juin 2026 que sa cohorte de phase I/II atteignait ses critères principaux sur des biomarqueurs. Sarepta teste depuis juin 2024 SRP-1001, ex ARO-DUX4 d'Arrowhead, qui vise lui aussi DUX4 dans le muscle. Le gène DUX4, dont l'expression dans le muscle cause la maladie selon l'université d'Auckland, est la cible commune.