Aller au contenu
BOLUS
S'abonner

Publié le

Setara Biosciences lève 90 M$ en série A pour un comprimé contre une maladie héritée des nerfs

Setara Biosciences, à San Diego, est l'équipe d'Actio Biosciences, que Jazz Pharmaceuticals a rachetée en août. Elle garde ce que Jazz n'a pas pris, dont STAR-0871, un comprimé qui freine un canal des nerfs trop actif dans une forme héréditaire de la maladie de Charcot-Marie-Tooth. Les investisseurs d'Actio remettent 90 M$, et aucun chef de file n'est nommé.

Photo : Neurones, NIH, domaine public

Société
Setara Biosciences
Pays
États-Unis
Secteur
Biotech
Montant
90 M$
Série
A
Opération annoncée le
30 octobre 2026
Article publié le
30 octobre 2026

Setara Biosciences a annoncé le 30 octobre 2026 une levée de 90 M$ en série A. Le communiqué ne nomme pas de chef de file : il cite les investisseurs existants, Deerfield Management, Canaan, Droia Ventures, EcoR1, Euclidean Capital et Regeneron Ventures, et précise que Jazz Pharmaceuticals devient actionnaire par le rachat d'Actio Biosciences. La société est installée à San Diego, en Californie.

D'où vient Setara

Le 10 août 2026, Jazz Pharmaceuticals a annoncé le rachat d'Actio Biosciences pour 820 M$ payés d'emblée et jusqu'à 500 M$ de plus selon les autorisations et les ventes, d'après son communiqué déposé à la SEC. Jazz voulait ABS-1230, le médicament d'Actio contre une épilepsie génétique liée au gène KCNT1. Le même communiqué prévoyait qu'Actio fasse naître, avant la vente, une nouvelle société privée avec une partie de son équipe et de ses programmes, financée par les investisseurs existants, Jazz y prenant une participation minoritaire. Cette société, c'est Setara.

L'équipe est celle d'Actio : David Goldstein, généticien, cofondateur, président et président exécutif du conseil ; David Breckenridge, cofondateur et directeur scientifique ; Pete Condon, directeur des affaires ; Cayce Denton, directeur financier.

La maladie : des nerfs qui s'abîment parce qu'un canal reste trop ouvert

La maladie de Charcot-Marie-Tooth de type 2C est une maladie héréditaire rare qui touche la motricité et la sensibilité, selon le communiqué. Elle abîme les nerfs et affaiblit les muscles des membres, et cette forme touche aussi les cordes vocales et la respiration, précise BioPharma Dive. La société compte environ 2 500 malades aux États-Unis.

Sa cause est connue : des mutations du gène TRPV4 rendent trop actif le canal ionique du même nom, une petite porte à la surface des cellules qui laisse entrer des ions. La mutation ne coupe pas la fonction, elle l'exagère, ce qui laisse espérer qu'un médicament qui freine le canal corrige la cause même de la maladie.

Ce que fait la société

Son médicament principal, STAR-0871, autrefois appelé ABS-0871, est une petite molécule prise par la bouche qui bloque sélectivement TRPV4. La société le présente comme un premier de sa classe potentiel. Il a reçu de la FDA la procédure accélérée Fast Track ainsi que les désignations de maladie pédiatrique rare et de médicament orphelin.

La partie de la phase 1 chez des volontaires sains est terminée. Une étude de phase 1b chez des malades, appelée THERON, est prévue en 2027. Setara pense aussi que la molécule peut servir contre l'hyperactivité vésicale, ces envies d'uriner pressantes et fréquentes qui concernent des dizaines de millions de personnes aux États-Unis selon le communiqué, et y prévoit une étude de phase 2a. Elle garde enfin des programmes de recherche précoce sur des épilepsies génétiques et sur la migraine.

Pourquoi ce pari maintenant

Les mêmes investisseurs viennent de récupérer leur mise sur Actio, par une vente qui peut atteindre 1,32 Md$. Ils réinvestissent aussitôt 90 M$ dans la même équipe, sur la même méthode : partir d'une mutation qui suractive un canal ionique, et chercher la molécule qui le ramène à la normale. Le pari porte donc autant sur l'équipe et sur la méthode que sur un médicament, et l'entrée de Jazz au capital laisse à l'acheteur d'Actio une vue sur la suite.

L'hyperactivité vésicale change l'échelle du pari. Une maladie de 2 500 patients justifie un médicament orphelin ; une indication qui en compte des dizaines de millions en fait un produit de masse, sur un marché où les traitements existent déjà.

Ce qui reste à prouver

STAR-0871 n'a encore été donné qu'à des volontaires sains. Rien ne montre à ce stade qu'il améliore la maladie, et BioPharma Dive rappelle que mesurer un progrès est difficile dans une maladie lente, aux symptômes multiples, bien plus que dans une épilepsie où l'on compte les crises. Dans l'hyperactivité vésicale, la molécule devra faire mieux que des médicaments déjà vendus. Enfin, le communiqué ne dit pas comment les 90 M$ se répartissent entre ces programmes.

Une adresse, et rien d'autre.

Une newsletter par semaine, le vendredi : les levées de la semaine, les fonds nommés, les montants relus. La liste n'est jamais vendue, désinscription en un clic.

Vous êtes, si vous voulez le dire

Confirmation par courriel avant toute inscription. La liste n'est jamais vendue. Ce que Bolus sait de vous est écrit sur la page confidentialité.