Publié le
Sava lève 36 M$ en série B pour un nouveau type de capteur de glucose, dix fois plus court
Les capteurs de glucose en continu plantent sous la peau un filament de 5 à 10 mm. Sava, issue de l'Imperial College de Londres, met au point un capteur environ dix fois plus court, qui doit mesurer le glucose aussi bien, puis d'autres molécules. La société lève 36 M$ en série B, une levée menée par Ascensia Diabetes Care, qui deviendra aussi son distributeur en Europe si le capteur obtient le marquage CE.
- Société
- Sava
- Pays
- Royaume-Uni
- Secteur
- Medtech
- Montant
- 36 M$
- Série
- B
- Opération annoncée le
- 9 octobre 2026
- Article publié le
- 9 octobre 2026
Sava, société londonienne fondée en 2019 par deux bio-ingénieurs de l'Imperial College de Londres, Renato Circi et Rafaël Michali, a annoncé le 9 octobre 2026 une levée de 36 M$ en série B. Elle est menée par Ascensia Diabetes Care, filiale du groupe japonais PHC, avec Balderton, Norrsken VC, Simplyhealth Ventures, JamJar Investments et Pentland Ventures. La société dit avoir levé 68 M$ au total. Dans la publication LinkedIn de la société, d'autres investisseurs déjà au capital sont remerciés, dont Italian Founders Fund ; le communiqué, lui, ne les nomme pas.
Le problème : un filament sous la peau
Les capteurs de glucose en continu, ceux de Dexcom ou d'Abbott, ont changé la vie de nombreux diabétiques : plus besoin de se piquer le doigt plusieurs fois par jour, la mesure arrive sur le téléphone. Mais ils reposent sur un filament que l'on insère de 5 à 10 mm sous la peau à l'aide d'une aiguille, selon Sava. Et ils restent peu répandus : d'après la société, environ 1 % des diabétiques en utilisent un, alors que la Fédération internationale du diabète compte 589 millions d'adultes malades en 2024.
Ce que fait Sava
Sava remplace le filament par des microcapteurs environ dix fois plus courts, qui atteignent quand même le liquide présent juste sous la peau, là où se mesure le glucose. L'objectif est de moins abîmer la peau et de rendre le capteur presque imperceptible, avec un dispositif pensé dès le départ pour être fabriqué en très grande série.
Le glucose n'est qu'un début. Sur son site, la société présente une même plateforme capable de suivre plusieurs molécules sur un seul appareil : lactate, cétones, sodium, histamine, urée, alcool et cortisol, en plus du glucose. Aucune de ces mesures n'a encore de donnée publiée.
Ce qui est déjà mesuré
En février 2026, Sava a publié les résultats d'une étude menée à Oxford et à Cambridge chez 46 personnes atteintes de diabète de type 1 ou de type 2 sous insuline. Chacune portait à la fois le capteur de Sava et un capteur du commerce, et les deux étaient comparés à une mesure de référence au laboratoire. Selon la société, l'écart de précision moyen entre les deux capteurs était d'environ 0,8 point sur dix jours de port, et la précision de Sava ne se dégradait que d'environ 1,5 point au fil de ces dix jours. Ces chiffres viennent du communiqué de la société ; ils n'ont pas été publiés dans une revue.
Le pari d'Ascensia
Ascensia, née en 2016 du rachat de Bayer Diabetes Care, vend les lecteurs de glycémie à bandelettes Contour dans plus de 90 pays. Elle distribuait jusqu'ici le capteur implantable Eversense de Senseonics, mais les deux sociétés ont mis fin à cet accord : Senseonics a repris la vente aux États-Unis le 1er janvier 2026 et les droits européens d'Ascensia sont devenus non exclusifs, selon le rapport annuel de Senseonics. En menant la levée de Sava, Ascensia s'assure un nouveau capteur à distribuer, d'abord en Europe.
L'argent doit financer la montée en cadence de la fabrication et la préparation commerciale. Sava prépare une étude pivot et vise le marquage CE pour un usage sans confirmation au doigt, c'est à dire que le patient pourrait régler son insuline sur la seule lecture du capteur.
Ce qui reste à prouver
Le capteur est expérimental, il n'est autorisé ni au Royaume-Uni ni aux États-Unis. Les résultats publiés tiennent sur 46 patients et dix jours, et ils comparent Sava à un capteur existant sans donner la précision absolue de l'un ou de l'autre. Il reste à réussir l'étude pivot, à obtenir le marquage CE, puis à prouver qu'un capteur plus court se fabrique à bas coût : la société vise une commercialisation dans 18 à 24 mois.