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Nouscom lève 120 M€ en série D pour empêcher le cancer d'apparaître chez les porteurs du syndrome de Lynch
Nouscom, à Bâle, développe NOUS-209, un vaccin prêt à l'emploi qui apprend au système immunitaire à reconnaître les cellules qui dérivent vers le cancer chez les porteurs du syndrome de Lynch. Sa série D de 120 M€ (135 M$), menée par M Ventures et Revelation Partners, finance un essai mondial d'enregistrement. La barre à franchir est déjà posée par l'aspirine à forte dose.

Photo : NIAID, domaine public, via Wikimedia Commons
- Société
- Nouscom
- Pays
- Suisse
- Secteur
- Biotech
- Montant
- 120 M€
- Série
- D et plus
- Opération annoncée le
- 19 octobre 2026
- Article publié le
- 19 octobre 2026
Nouscom, société de biotechnologie dont le siège est à Bâle, a annoncé le 19 octobre 2026 une série D de 120 M€ (135 M$), menée par M Ventures et Revelation Partners. Angelini Industries, par Angelini Investments, la Banque européenne d'investissement, par Aurea, sa facilité de co-investissement avec Angelini Ventures, et Neva SGR, du groupe Intesa Sanpaolo, entrent au capital. Tous les investisseurs historiques suivent : 5AM Ventures, Andera Partners, Angelini Ventures, Bpifrance, CDP Venture Capital, EQT Life Sciences, Indaco Venture Partners, Panakes Partners, Versant Ventures et XGEN Ventures.
Nouscom ne joint aucune photo à son communiqué : les images de partage sont des photos de lymphocytes T du NIAID et une photo de coloscopie, sous licence libre.
Le problème : un risque hérité, une surveillance à vie
Le syndrome de Lynch est une anomalie héréditaire des gènes qui réparent l'ADN. Il touche environ une personne sur 300 et porte le risque de cancer sur la vie jusqu'à 80 %, selon l'article de Nature Medicine, surtout du côlon et de l'endomètre. Les porteurs sont suivis par coloscopie régulière, parfois opérés à titre préventif. Une prévention médicamenteuse a aussi été testée : dans l'essai CAPP2, 861 porteurs ont pris 600 mg d'aspirine par jour ou un placebo, et sur dix ans, 9 % ont eu un cancer colorectal sous aspirine contre 13 % sous placebo.
Ce que fait Nouscom
Comme leur ADN se répare mal, les cellules des porteurs accumulent des erreurs dans des zones répétées du génome. Ces erreurs décalent la lecture des gènes et produisent des fragments de protéine anormaux, des néoantigènes, souvent les mêmes d'une tumeur et d'une personne à l'autre. NOUS-209 en contient 209, portés par deux vecteurs viraux injectés à huit semaines d'intervalle, un adénovirus de grand singe puis un virus de la vaccine modifié. Le vaccin est le même pour tous, sans fabrication patient par patient.
Le premier essai chez les porteurs, de phase 1b/2, mené avec le réseau de prévention du National Cancer Institute et le MD Anderson Cancer Center, a été publié dans Nature Medicine le 16 janvier 2026. Sur 45 porteurs, aucun effet indésirable grave lié au vaccin n'a été rapporté ; les plus fréquents étaient des réactions au point d'injection et de la fatigue. Les 37 participants évaluables ont tous développé une réponse immunitaire contre les néoantigènes, encore détectable à un an chez 85 % des participants évalués à cette date. À la coloscopie de fin d'étude, sur 43 participants, aucun adénome avancé ni cancer colorectal n'a été trouvé, alors que 4,65 % portaient un adénome avancé à l'inclusion.
Pourquoi maintenant
La FDA a accordé à NOUS-209 la désignation Fast Track le 1er juin 2026, un statut qui facilite le dialogue avec l'agence pendant le développement. La levée finance un seul essai mondial, conçu pour permettre la mise sur le marché. Le suivi à deux ans des porteurs vaccinés, avec une revaccination annuelle, est présenté au congrès de l'ESMO à Madrid le dimanche 25 octobre 2026 : selon le résumé cité par le communiqué, aucun porteur évaluable n'avait d'adénome avancé ni de cancer colorectal après un an (43 participants) et deux ans (17).
Ce qui reste à prouver
L'essai publié n'avait qu'un seul bras, sans groupe témoin, et n'était pas dimensionné pour mesurer une efficacité ; ses auteurs parlent d'un signal précoce. Le nombre total d'adénomes n'a pas baissé de façon significative, et trois des 45 participants ont ensuite eu un cancer hors du côlon, de l'estomac, du poumon et de la prostate. Le communiqué cite la directrice générale, Marina Udier, selon qui ces porteurs n'ont « rien d'autre que la surveillance et la chirurgie » ; l'essai CAPP2 montre que l'aspirine à forte dose quotidienne réduit déjà les cancers colorectaux chez eux. L'essai d'enregistrement devra donc montrer que le vaccin évite des cancers, et qu'il fait mieux que ce qui existe.