Publié le
Aptadir Therapeutics lève 40 M€ en seed pour rallumer le gène éteint du syndrome de l'X fragile
Dans le syndrome de l'X fragile, un gène, FMR1, est éteint par des marques chimiques posées sur l'ADN. Aptadir Therapeutics, à Milan, développe des ARN qui empêchent ces marques sur un seul gène, pour le remettre en marche. La seed de 40 M€ est menée par 4BIO Capital, quatre mois après l'échec en phase 3 du zatolmilast de Shionogi dans la même maladie.
- Société
- Aptadir Therapeutics
- Pays
- Italie
- Secteur
- Biotech
- Montant
- 40 M€
- Série
- Seed
- Opération annoncée le
- 29 septembre 2026
- Article publié le
- 29 septembre 2026
Aptadir Therapeutics, à Milan, a annoncé le 29 septembre 2026 une levée de 40 M€ en seed. La société développe des médicaments à base d'ARN qui remettent en marche des gènes éteints par erreur, et son premier programme vise le syndrome de l'X fragile.
Un gène éteint, pas un gène absent
Le syndrome de l'X fragile est une maladie génétique qui entraîne une déficience intellectuelle, des difficultés d'apprentissage et des retards de développement. Le communiqué en rappelle la cause : le gène FMR1, sur le chromosome X, est réduit au silence, si bien que le cerveau manque de la protéine FMRP, nécessaire à son développement et à son fonctionnement.
Ce silence passe par la méthylation, des marques chimiques posées sur l'ADN qui bloquent la lecture d'un gène. Les molécules d'Aptadir, des ARN que la société appelle DiRs, pour « ARN qui interagissent avec les DNMT », les enzymes qui posent ces marques, empêchent cette méthylation anormale sur un seul gène. Le gène redevient lisible, et la société dit avoir obtenu cet effet sur des modèles de maladie issus de patients. Son premier candidat s'appelle CAP1-FMR1 ; le communiqué cite aussi parmi ses cibles le syndrome myélodysplasique, un cancer du sang.
La technologie repose sur deux publications citées par la société, dans Nature en 2013 et dans Nature Communications en 2023, issues des travaux d'Annalisa Di Ruscio et Daniel Tenen au Beth Israel Deaconess Medical Center, rattaché à Harvard, de Vittorio de Franciscis au Conseil national de la recherche italien, et de Marcin Kortylewski au City of Hope. La société est dirigée par son fondateur, Giovanni Amabile.
Pourquoi maintenant
La maladie vient de perdre un candidat de phase 3. En mai 2026, Shionogi a annoncé que ses deux essais de phase 3 du zatolmilast, chez des garçons de 9 à 17 ans et chez des hommes de 18 à 45 ans, n'avaient pas atteint leur objectif principal, une amélioration de la cognition mesurée par le NIH Toolbox. Le traitement a amélioré une mesure secondaire rapportée par les proches chez les adultes, et une extension de l'essai continue. Aptadir parie sur l'approche inverse : rétablir la protéine manquante en rallumant le gène.
La levée
La seed de 40 M€, environ 45 M$, est menée par 4BIO Capital. EXTEND, le pôle national italien de transfert de technologie lancé par CDP Venture Capital et financé avec Angelini Ventures et Evotec, qui a créé la société et l'avait financée en pre-seed, remet de l'argent. Participent aussi CDP Venture Capital par son Digital Transition Fund, Indaco Venture Partners, XGEN Venture, CE-Ventures, Angelini Ventures en direct, Kerna Ventures, Italian Angels for Biotech et le Club degli Investitori. Les fonds financent le portefeuille de candidats, CAP1-FMR1 en tête.
Ce qui reste à prouver
Tout se passe encore en laboratoire. Aucun essai chez l'humain n'est annoncé, et le communiqué ne dit pas comment ces ARN atteindront le cerveau, là où le gène doit être rallumé. Il faudra aussi montrer que la marque retirée sur FMR1 ne revient pas, et que les autres gènes restent intacts.